Extraits

Extraits de La Mort de Santini de Pat Conroy

Pat Conroy's Desk | Books & Antiques | Pinterest

Bureau de Pat Conroy www.patconroy.com

Extraits de La Mort de Santini
de Pat CONROY

Parution le 12 septembre 2017

« Nous avons tous les deux lu votre nouveau livre et nous l’avons adoré. Mais je dois vous dire quelque chose, Pat, votre famille est vraiment dérangée.
— Oui, c’est vrai. La principale cause à cela est juste à côté de moi. » Et je les présentai à mon père.
« Je ne peux pas croire qu’il vous parle encore après Le Grand Santini, dit l’homme.
— Il s’en est fallu de peu, avouai-je.
— Votre famille est-elle vraiment dérangée ou bien en avez-vous rajouté ? murmura-t-il.
— Ils étaient très atteints. Et votre famille, mon gars ? Où se situent-ils ?
— Oh, ma famille. Ils sont vraiment merveilleux. Je dirais presque parfaits.
— Creusons un petit peu. Jusqu’où faut-il aller pour trouver le premier dingue ? Papa, Maman, le frère, la sœur, la tante. L’oncle ? »
Sa jolie femme céda à la pression et cracha le morceau, « Sa mère est folle ! »
Aucune famille n’échappe à cet être blessé et égaré, victime d’un dommage irréparable au sein du creuset dans lequel il est né. Après avoir été maltraité jusque dans leur âme, certains enfants se relèvent et réussissent à faire quelque chose de bien de leur vie mais d’autres sont incapables de s’extirper des blessures accumulées, que le temps a décantées pour eux dans les récipients défectueux de la mémoire. Ils portent la croix de la famille jusqu’en haut du Calvaire et ne voient pas d’inconvénient à laisser entrer tous les autres membres de leur tribu blessée dans la source de leur souffrance. Il existe un fou pour chacun d’entre nous…»

*

« Né sans port d’attache, j’ai essayé de faire mien celui de Beaufort. Pour moi, ces îles n’existaient pas jusqu’à ce que je les trouve. J’ai inventé les marais, les bancs d’huîtres et les ruisseaux couleur d’encre qui sillonnent les marécages jusqu’à ce que l’eau salée se heurte à une terre solide. Cette année, les crevettes ont déjà effectué leur migration et les oies du Canada sont de retour dans leur étang, près de cette route qui mène à Beaufort. Au loin, l’air se remplit d’avions de chasse. Musique de chambre de mon enfance, ce son m’apaise. Je l’étreins, comme s’il m’appartenait. »

*

« Mon enfance ne fut que le prélude et le creuset du bazar que j’allais provoquer dans ma vie d’adulte. »

*

« Avec le recul, je peux comprendre combien cela pouvait paraître étrange à une ville comme Beaufort qu’un jeune homme blanc du Sud puisse être un emmerdeur de libéral, totalement convaincu par le mouvement des droits civiques, accueillant à bras ouverts l’émergence du féminisme et protestant contre la guerre du Vietnam. »

Enregistrer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *